Norme
SEPA
Le SEPA (Single Euro Payment
Area) est la dernière étape d'un processus de changement des instruments
monétaires, qui a débuté par l'introduction de la monnaie unique scripturale
Euro (en 1999), puis par l'apparition de l'Euro monétaire (monnaie unique fiduciaire
en 2002). Avec elle, se constitue un espace européen à l'intérieur duquel les
particuliers, les entreprises et tous les autres acteurs économiques pourront
émettre et recevoir des paiements en Euro dans des conditions de sécurité, de
rapidité et de coût similaires à l'intérieur de chacun des pays qui
le compose.
Dans cet espace harmonisé, où les
barrières nationales seront abolies, les entreprises (et les consommateurs)
bénéficieront de conditions techniques et juridiques identiques pour leurs
paiements.
Le SEPA se compose donc officiellement de la
monnaie unique, d'un seul jeu d'instruments de paiement européens,
d'infrastructures efficaces de traitements des paiements en Euro, de standards
techniques communs, de pratiques commerciales communes, d'une base légale
harmonisée ainsi que de nouveaux services en développement orientés clients.
Sur un plan géographique, le SEPA déborde
non seulement la zone Euro mais également l'Europe strictement dite, puisqu'il
est composé initialement de 29 pays : les 25 États membres de l'Union
Européenne auxquels s'ajoutent l'Islande, le Liechtenstein,
A l'intérieur de cette zone, tous les
acteurs économiques utilisant des moyens de paiement dématérialisés seront
concernés par le SEPA, dont les moyens de paiement s'appliqueront aussi bien à
l'intérieur des pays que vers ou en provenance de l'extérieur. Un exemple
concret : à partir du 28 janvier 2008 - et même pour les virements
internes à un pays - on ne devrait plus utiliser les numéros de compte bancaire
traditionnels qui figurent actuellement sur les RIB, mais l'IBAN et le BIC qui
seront à la fois une référence domestique et internationale.
L'entrée en vigueur du virement
(SCT) est effective depuis 28 janvier
Unifier les systèmes de moyens de paiements
de 31 pays aux usages, traditions et institutions bancaires aussi différents et
où les paiements scripturaux reposent sur des systèmes nationaux n'est pas une
mince affaire.
A l'origine, la définition des standards et la rédaction des spécifications
détaillées pour les développements informatiques devaient être disponibles en
2006, et une directive européenne devait concrétiser le cadre juridique de
l'application de SEPA. Après transposition dans le droit positif de chacun des
pays concernés, les trois instruments de paiement du SEPA devaient entrer en
vigueur au début de l'année 2008.
La directive sur les paiements SEPA (PSD),
dont les principes ont été adoptés par un conseil des ministres européens
ECOFIN du 27 mars
Le SCT ou SEPA Credit
Transfer
En français, il s'agit du virement SEPA. Ce sera le virement standard de la
zone SEPA, en Euros, sans limite de montant. A qui ses frais seront-t-ils
facturés ? Pas de changement avec la situation actuelle, ils seront partagés :
les frais de la banque du donneur d'ordre seront à la charge du donneur d'ordre
et ceux de la banque du bénéficiaire à la charge du bénéficiaire. Ce qui
change, c'est que l'on pourra effectuer un virement dans les mêmes conditions à
l'intérieur du pays d'origine que vers un autre pays de la zone SEPA. Beaucoup
plus commode pour payer, par exemple, des achats en Europe. De même, les délais
d'exécutions du SCT seront raccourcis à 3 jours voire même moins, ce qui
contribuera à raccourcir les délais de paiement européens.
Le SDD ou SEPA Direct Debit
En français, il s'agit du prélèvement SEPA. C'est un prélèvement qui sera
exécuté en Euro dans toute la zone SEPA. Les particuliers pourront, par
exemple, l'utiliser pour payer à des entreprises des services récurrents à
l'étranger, dont le montant sera prélevé sur leur compte bancaire. Les
entreprises en bénéficieront pour leurs encaissements. Pour les utilisateurs
français, il présente plusieurs innovations techniques et juridiques.
Le SDD n'en demeure pas moins la novation la plus importante de la réforme
entraînée par le SEPA en France.
Le mécanisme du SDD, qui doit progresser notamment en matière de sécurité
vis-à-vis des clients des entreprises et de simplicité de mise en œuvre pour
ses utilisateurs, va encore faire l'objet d'ajustements avant son entrée en
service. Une réflexion est actuellement en cours concernant la création d'un
mandat électronique.
Le SCF ou SEPA Card
Framework
Il va constituer le cadre juridique et financier de l'utilisation des cartes
bancaires paneuropéennes dans
Le BIC et l'IBAN
Il s'agit des nouvelles références bancaires qui deviennent le standard de la
zone SEPA. Jusqu'ici, pour désigner un compte, on utilisait en France le RIB
(Relevé d'Identité Bancaire), une combinaison composée d'un code banque de cinq
chiffres, d'un code guichet de 5 chiffres, d'un numéro de compte de
11 caractères et d'une clé RIB de 2 chiffres. Dans chacun des 31 pays, les
combinaisons des références bancaires pouvaient être différentes. Depuis le 1er
janvier 2007, tous les paiements extérieurs doivent utiliser l'IBAN
(International Bank Account Number
composé de 2 lettres désignant le pays, de deux chiffres de contrôle et de 23 à
30 caractères -selon les pays- identifiant le compte) ainsi que le BIC (Bank
Identifier Code de 11 caractères). Techniquement, l'IBAN est défini par
la norme ISO 9362 et le BIC par la norme ISO
Les systèmes de règlement
Enfin, sur un plan plus strictement technique, le SEPA débouchera sur des
plates-formes de compensation (baptisées ACH : Automatic
Clearing House ou PE-ACH : Pan European Automatic Clearing House) permettant le traitement de
toutes ces opérations au niveau des places financières. Le système STEP2 de
l'ABE (Association Bancaire pour l'Euro réunissant sur ce projet 32
institutions financières) constitue un premier exemple de ces plates-formes.
Pour réussir le passage au SEPA, l'important
c'est d'AN-TI-CI-PER.
La préparation est une condition sine qua
non de la réussite de l'adaptation des entreprises aux changements entraînés
par les nouveaux instruments et aux nouvelles exigences provoquées par le SEPA.
Rien de pire, ni de plus coûteux que de devoir, en catastrophe, adapter au
dernier moment ses outils. Il faut se souvenir que la simple adoption du BIC et
de l'IBAN, à partir de janvier prochain modifiera déjà, en quelques années,
tous les virements de tous les particuliers et de toutes les entreprises. Si la
transformation du RIB en IBAN peut se faire automatiquement au moyen d'un
algorithme, celle de l'addition du BIC nécessite de créer un nouveau champ mais
une table de correspondance entre le code banque et le BIC sera disponible
rapidement. En pratique, toutes les entreprises devront également mentionner
leur BIC et IBAN sur toutes leurs factures et recueillir ceux de leurs clients
et fournisseurs. Pas de panique : les Banques devraient vous aider à franchir
cette première étape décisive et pratiqueront avec souplesse : le RIB
coexistera encore un certain temps avec l'IBAN.
L'anticipation de la réforme implique
cependant de s'organiser en mode projet, en commençant par désigner un comité
ou un responsable qui seront chargés d'analyser les impacts sur les processus
en place, d'impliquer les services de l'entreprise qui seront concernés
(Trésorerie, Informatique, services commerciaux, RH, service juridique,
communication, etc.) de suivre les développements du passage au SEPA en
définissant une stratégie bancaire et en prenant contact avec les prestataires,
fournisseurs de logiciels et banquiers de l'entreprise.
Les équipes de Sage sont bien évidemment mobilisées pour répondre à toutes les
demandes de leur client et les aider à réussir ces changements.
Puisque la réforme a un coût, il convient de
le planifier autant que possible et de provisionner la mise à jour des
systèmes. L'idéal, sur le plan financier, consiste, chaque fois que cela est
possible, à intégrer ce changement dans les chantiers d'autres évolutions des
systèmes d'information des entreprises afin d'optimiser investissements et
plannings, d'améliorer des traitements existants, de rationaliser et
d'optimiser des tâches, bref de transformer cette charge en opportunité pour
l'entreprise en générant un retour sur investissement. En attendant les
bénéfices promis, à terme, par le SEPA.